Argent et comportement

Comment épargner sans volonté : l'étude qui l'a mesuré

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Épargner, ça demande de la volonté ? Pas forcément. Une étude publiée en 2004 a suivi des salariés qui ont épargné de plus en plus, sans avoir à se priver tout de suite. Voici ce qu'elle a mesuré, et ce qu'elle ne dit pas.

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Ce que la plupart pensent

Beaucoup de gens croient qu'épargner est une question de caractère. Il faudrait de la discipline, de la volonté, savoir dire non à chaque dépense.

Cette étude suggère autre chose : la façon dont on te propose d'épargner change beaucoup de choses.

L'expérience : deux offres pour les mêmes salariés

Nous sommes en 1998, dans une entreprise industrielle de taille moyenne. Les salariés épargnent pour leur retraite. Un conseiller leur propose d'abord d'épargner plus, tout de suite.

Ceux qui refusent reçoivent une seconde offre : épargner plus, mais seulement à chaque augmentation de salaire.

Point important : chacun choisit. Il n'y a pas de tirage au sort entre des groupes. C'est une observation, pas une expérience contrôlée.

Les résultats chiffrés

Sur 286 salariés qui ont parlé au conseiller, 79 ont accepté d'épargner plus tout de suite. Cela fait 28 %.

Parmi les 207 salariés qui avaient refusé cette première offre, 162 ont accepté la seconde. Cela fait 78 %.

Ensuite, le temps a passé. Après quatre augmentations, soit 40 mois, ceux qui avaient rejoint le plan épargnaient en moyenne 13,6 % de leur salaire. Au départ, ils en épargnaient 3,5 %. Et 80 % d'entre eux étaient encore dans le plan à la quatrième augmentation.

Pourquoi ça marche

Se priver tout de suite, ça fait mal. S'engager pour plus tard, c'est moins douloureux.

Une fois l'engagement pris, tout devient automatique. Tu n'as plus besoin de volonté : tu as décidé une fois, et le reste se fait tout seul.

Ce que l'étude ne dit pas

Il faut rester prudent. Comme chacun a choisi son offre, il n'y a pas de groupe de comparaison tiré au sort. L'étude montre donc ce qui s'est passé, mais elle ne prouve pas à elle seule que l'offre est la seule cause. Des évaluateurs extérieurs jugent d'ailleurs la preuve causale faible.

Autre limite : les moyennes de 3,5 % et 13,6 % ne portent que sur les salariés restés dans l'entreprise. L'échantillon passe de 315 à 229 personnes.

Enfin, les 28 % et les 78 % ne concernent pas les mêmes groupes : le premier porte sur ceux qui ont écouté le conseiller, le second sur ceux qui avaient refusé la première offre. Ne les compare pas directement.

À essayer

  1. 1Décide à l'avance : choisis le montant que tu veux épargner avant d'avoir l'argent en main.
  2. 2Programme un virement automatique, pour que l'épargne parte sans que tu aies à y penser.
  3. 3Monte ce virement à chaque hausse de salaire.

Questions fréquentes

Peut-on épargner sans volonté ?

L'étude de Thaler et Benartzi (2004) montre que des salariés ont épargné de plus en plus avec une offre liée à leurs augmentations. Se priver tout de suite fait mal, alors que s'engager pour plus tard est moins pénible. Une fois l'engagement pris, tout est automatique. Attention : c'est une observation sans tirage au sort.

Combien de salariés ont accepté d'épargner plus ?

28 % de ceux qui ont écouté le conseiller (79 sur 286) ont accepté d'épargner plus tout de suite. Parmi ceux qui avaient refusé, 78 % (162 sur 207) ont accepté d'épargner plus à chaque augmentation.

Combien ces salariés épargnaient-ils à la fin ?

Après quatre augmentations, en 40 mois, ceux qui avaient rejoint le plan épargnaient en moyenne 13,6 % de leur salaire, contre 3,5 % au départ. 80 % d'entre eux y étaient encore à la quatrième augmentation.